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La Sensibilité, Moteur de la Créativité

POESIS

Quels rôles jouent la sensibilité, l’inhibition latente et certains neurotransmetteurs dans la créativité ?

12 novembre 2016
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La sensibilité est un des moteurs de la créativité. L’individu créatif porte sur le monde un regard particulier. Il est extraordinairement sensible lorsqu’il regarde, écoute, touche, etc. (voir article sur l’inhibition latente). Son bas niveau d’inhibition latente lui permet d’être sensible aux formes, aux textures, aux couleurs de son environnement, mais elle n’opère que dans le premier filtre de sélection des ressources.

L’affectivité agit à tous les niveaux de la création. Ce n’est pas un facteur direct de créativité mais il lui fournit une énergie particulière qui active le processus créatif (SEGUIN). Encourager sa sensualité (ou sa sensorialité pour être plus précis) c’est fournir cette énergie au processus créatif.

 

Quelle activité cérébrale se cache derrière la sensibilité ?

L’inhibition latente, dite aussi effet Lubow (Doré 1984) est un concept de psychologie expérimentale. Il décrit la capacité à filtrer les stimuli, c’est-à-dire prêter moins d’attention à ce à quoi on est habitué. L’exemple le plus commun est celui des odeurs : vous entrez dans un restaurant et notez une forte odeur de friture. Si vous restez trois heures dans ce restaurant, vous vous habituerez à l’odeur de friture et n’y ferez plus attention. L’inhibition latente fait son travail inconscient permettant de traiter les stimuli sensoriels. Un déficit d’inhibition latente conduit donc à une plus grande attention au monde qui nous entoure. Mais à quel(s) mécanisme(s) répond l’inhibition latente ?

Dopamine

La dopamine joue un rôle prépondérant dans la créativité. Ce neurotransmetteur (une substance chimique qui permet la transmission de signaux entre les cellules du cerveau, les neurones en liant les récepteurs) est impliqué dans le contrôle des émotions, le plaisir, la curiosité, les mouvements et le contrôle des flux d’information. La dopamine est souvent surnommée « l’hormone de récompense » car elle intervient dans la reconnaissance inconsciente de ce qui pourrait nous mener à une récompense. Elle est donc sécrétée pour nous inciter à répéter une expérience qui a été jugée riche en récompense pour l’organisme.

Des études récentes ont démontré que la goût pour la découverte et l’exploration, l’intrépidité, la curiosité, l’éveil du désir pour de nouvelles expériences (physiologiques mais aussi spirituelles), mais aussi l’élan vers la recherche de nouvelles informations étaient aussi liés à la dopamine.

La maladie de Parkinson se caractérise par une baisse du taux de dopamine chez les malades. Un des traitements prescrits comprend des médicaments qui augmentent le taux de dopamine. Il a été observé que les malades sous ce traitement avaient un intérêt grandissant envers l’environnement qui les entoure et les activités artistiques, la dopamine recréant chez eux un élan, un désir et une curiosité : autant d’éléments nécessaires à la création.

Hans Eysenck suggère que les différents ratios sérotonine/dopamine expliquent la divergence des comportements cognitifs. Selon Eysenck, seul le ratio moyen fort permet de créer. La sérotonine donnerait donc la force mentale nécessaire pour ne pas être submergé par les pensées schizophréniques.

 

DRD2

Suite à un mécanisme dans lequel interviennent le thalamus (zone cérébrale relais entre les sens et la réflexion) et la molécule DRD2 qui transporte la dopamine, les neurones du cortex préfrontal sont inhibées et filtrent les informations extérieures.

Si le taux de molécule DRD2 (les transporteurs de dopamine) est faible, alors moins de neurones liées avec l’extérieur sont inhibées. Il est probable que le rôle de filtre du thalamus s’en trouve diminué. Ce phénomène a pour conséquence une plus grande réceptivité du cerveau face à l’environnement extérieur.

 

Hémisphères

 

 


Le sujet est alors plus sensible à ce qu’il voit, touche et ressent. Les idées et les connexions divergentes affluent d’avantage que chez les personnes disposant d’un taux plus élevé de récepteurs D2. Des études récentes ont démontré que les individus créatifs, tout comme les schizophrènes ont un taux de DRD2 plus faible que la majorité. Dopamine, Serotonine, DRD2, Thalamus et cortex pré-frontal seraient donc les acteurs de l’inhibition latente, une des faces de la sensibilité.

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