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Imagination : Créer en Rêvassant

POESIS

Cette zone aux contours mal définis, en mouvement constant, dans laquelle s’effectue des combinaisons et des projections du produit créatif en construction créé un état de conscience particulier.

3 novembre 2016
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Daydream… I fell asleep amid the flowers…

 

 

Souvent, nous projetons des situations que nous allons bientôt vivre (un rendez-vous important, une échéance…). Parfois aussi, nous laissons notre esprit vagabonder, de rêverie en rêverie… Nous le faisons sans même nous en rendre compte. Il en est de même pour le créateur, lorsqu’il cherche l’inspiration.

 

Il utilise ce monde entre rêve et réalité pour sonder ses pensées dans de nombreuses phases du processus créatif. Cette zone aux contours mal définis, en mouvement constant, dans laquelle s’effectue des combinaisons et des projections du produit créatif en construction créé un état de conscience particulier.

 

L’énergie noire du cerveau

De récentes études ont révélé que le cerveau d’une personne au repos reste très actif et consomme une énergie aussi grande que celle utilisée par le cerveau conscient. On soupçonne qu’il orchestre la façon dont le cerveau organise les données et les souvenirs de même qu’il coordonne les différents modules cérébraux participant à la programmation des tâches. Il préparerait ainsi le cerveau à passer d’un mode non conscient à une activité consciente.

 

 

Cet état, même s’il est décrit par Freud comme « infantile », s’il est bien utilisé, est un atout pour la créativité. Ceux qui laissent vagabonder leur esprit tout en gardant le contrôle trouverons des esquisses de solution à leurs problèmes créatifs…

L’imagination se différencie du rêve car elle implique une action consciente de la part de l’individu. Elle consiste à organiser et combiner les images qui apparaissent à la conscience pour former une nouvelle représentation. C’est un processus qui se nourrit du vécu du créateur, de ses sensations comme de ses raisonnements.

 

Nourrir l’imagination

Pour profiter pleinement de son imagination, le créateur doit maintenir une curiosité sur la vie dans son ensemble et non seulement dans son domaine d’activité. En provoquant consciemment l’intérêt, le subconscient accumulera ces informations et aidera l’individu à les combiner pour créer de nouvelles représentations. Goethe donnait à un poète en devenir les conseils suivant :

 

Vous me semblez partager l’erreur commune à beaucoup de jeunes gens, qui croient devoir s’occuper exclusivement de poésie ; et cependant un vrai poète, dont la vocation est incontestable, puise dans la vie et dans la science la matière sans laquelle ses œuvres seraient vides. Selon moi, tout au contraire, vous n’avez rien à perdre si vous vous adonnez à la vie active ou à la science, car vous ne serez sûr de votre talent qu’après avoir consacré beaucoup de temps à l’une ou l’autre de ces fins. Si votre inspiration s’empare avec force de toute l’expérience et de toutes les connaissances que vous aurez accumulées, si elle réussit à ramener à l’unité tous ces différents éléments opposés, l’événement que vous semblez appeler de tous vos vœux se produira de lui-même, et rien d’autre ne saurait le faire naître.

 

Pour qu’elle soit productive, l’imagination doit être provoquée et excitée. Elle s’alimente de tout. Plus vous élargirez vos horizons, plus elle sera disposée à vous faire des propositions créatives originales. Tentez de prendre du recul sur ce que vous vivez. Réfléchissez, analysez, comparez. Regardez de tous vos yeux (J.Verne).

 

S’entourer

Enfin, variez vos connaissances et trouvez des personnes avec qui vous pourrez vous exprimer sans vous freiner. Si la solitude est nécessaire pour concrétiser ses idées, le contact social alimente aussi le moteur de l’imagination.

 

Une fois sa quête satisfaite, le créateur revient au réel pour vérifier ou exécuter la pensée qui lui est apparue. Ce retour au réel après la fuite dans l’imaginaire est primordial et concrétise la créativité. Sans ce réveil nous nous approcherions de l’état pathologique qui ne permet pas de créer. Pour conclure, quelques mots de Marthe Seguin Fontes (dans le second souffle de la créativité) :

 

Parti du réel, l’acte de créer retourne au réel, en donnant naissance à des produits qui vont à leur tour s’insérer dans les réalités du monde.

C’est peut-être par ce moyen que le créateur, découvrant son pouvoir de participer à la vie et de s’intégrer au cosmos, qu’il modifie peu à peu, trouve un meilleur équilibre.

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